IA et achat public : pourquoi la compétence devient essentielle
L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans le débat public, dans les organisations et dans les métiers de la fonction publique. Elle suscite à la fois de l’intérêt, des attentes, des interrogations et parfois des inquiétudes. Pourtant, le véritable sujet n’est pas seulement l’outil. Le véritable sujet, c’est la compétence.
Dans un article publié par Acteurs publics, consacré à l’exposition des emplois publics au déploiement de l’IA, un chiffre retient particulièrement l’attention : entre 13 % et 20 % des emplois publics seraient significativement exposés à l’intelligence artificielle. Cette donnée ne doit pas être lue comme une menace automatique. Elle doit surtout être comprise comme un signal : les métiers publics vont évoluer, et cette évolution doit être accompagnée.
Dans le domaine de l’achat public, les enjeux sont immédiats. La commande publique repose sur des principes forts : égalité de traitement des candidats, transparence des procédures, bonne utilisation des deniers publics, sécurité juridique, traçabilité des décisions et performance de l’achat. L’introduction de l’IA dans cet environnement ne peut donc pas se faire sans méthode.
L’IA peut aider les acheteurs publics à analyser des documents, structurer des besoins, préparer des grilles de lecture, identifier des incohérences, améliorer la rédaction de certaines pièces ou accompagner la veille. Elle peut aussi constituer un appui pour les entreprises candidates dans la compréhension des dossiers de consultation, la préparation des réponses ou l’amélioration des mémoires techniques.
Mais ces usages ne doivent pas masquer les risques. Une utilisation mal maîtrisée de l’IA peut produire des erreurs, des approximations, des biais, des réponses trop génériques ou des analyses insuffisamment vérifiées. Dans les marchés publics, ces risques peuvent avoir des conséquences concrètes : fragilité juridique, mauvaise appréciation d’une offre, perte de traçabilité, atteinte à la confidentialité ou difficulté à justifier une décision.
C’est pourquoi la compétence humaine demeure centrale.
L’IA ne remplace pas l’expertise de l’acheteur public. Elle ne remplace pas la connaissance du besoin, la compréhension du terrain, le discernement juridique, l’analyse économique ou la responsabilité de la décision. Elle peut renforcer les professionnels qui savent l’utiliser, mais elle peut aussi fragiliser ceux qui l’emploient sans cadre, sans recul et sans formation.
Pour les acheteurs publics, la question n’est donc pas de savoir s’il faut utiliser ou non l’intelligence artificielle. La vraie question est : comment l’utiliser utilement, légalement et intelligemment dans le processus achat ?
Cela suppose de comprendre les possibilités offertes par l’IA, mais aussi ses limites. Cela suppose également d’identifier les données qui peuvent être traitées, celles qui ne doivent pas l’être, les cas d’usage pertinents, les contrôles nécessaires et la place qui doit rester réservée à la décision humaine.
Pour les entreprises candidates, l’enjeu est tout aussi important. L’IA peut aider à structurer une réponse, à clarifier un argumentaire ou à améliorer la lisibilité d’un mémoire technique. Mais elle ne peut pas inventer une stratégie, une expérience, des références ou une valeur ajoutée réelle. Une réponse performante à un marché public reste une réponse personnalisée, précise, crédible et adaptée au besoin de l’acheteur.
Avec ST Agency, Sébastien TAUPIAC accompagne les acheteurs publics, les collectivités, les établissements publics et les entreprises dans cette approche concrète de l’IA appliquée à la commande publique. L’objectif n’est pas de promouvoir une utilisation automatique ou aveugle des outils. L’objectif est de sécuriser les pratiques, de renforcer la compétence et d’intégrer l’IA là où elle apporte une valeur réelle.
La formation devient donc un levier essentiel. Se former à l’IA dans les marchés publics, c’est apprendre à poser les bonnes questions : quels usages ? Quels risques ? Quelles responsabilités ? Quelles limites ? Quelle traçabilité ? Quelle articulation avec le Code de la commande publique ?
L’intelligence artificielle ne supprimera pas le besoin de compétence dans l’achat public. Au contraire, elle rendra cette compétence encore plus nécessaire.
Dans les prochaines années, les organisations les plus performantes ne seront pas nécessairement celles qui utiliseront le plus d’outils. Ce seront celles qui sauront former leurs équipes, sécuriser leurs méthodes et garder une maîtrise humaine de leurs décisions.
ST Agency et Sébastien TAUPIAC accompagnent les acteurs publics et les entreprises candidates dans l’intégration raisonnée, opérationnelle et sécurisée de l’IA dans l’achat public, les marchés publics et la commande publique.